Serato DJ pour iOS : tout Serato sur iPhone et iPad, plus Serato DJ 5.0
· DJing
Serato DJ arrive sur iPhone et iPad, gratuit pour commencer ou 149 dollars une fois, avec iOS Transfer, DVS et plus de 120 contrôleurs. Ce qui marche, ce qui manque, et la comparaison avec djay et l'ancienne app Pyro.
Serato a fini par le faire. Le 20 octobre 2026, la société a sorti Serato DJ pour iOS, une version complète de son logiciel DJ pour iPhone et iPad, le jour même où Serato DJ Pro et Lite 5.0 quittaient la bêta sur ordinateur. L'app se télécharge gratuitement, la licence complète coûte 149 dollars en une seule fois, et si vous payez déjà Serato DJ Suite, elle est incluse sans supplément.
Et ce n'est pas une version au rabais. Vous avez les platines, les stems, les modes de pads, les cue loops, les nouveaux Lucid Beatgrids, l'enregistrement et le DVS complet avec platines vinyle, et l'app fonctionne avec plus de 120 contrôleurs et tables de mixage dès le premier jour. Beatport Tech avait vu une version préliminaire au NAMM en janvier sans savoir qu'elle ferait partie de la 5.0. Son test de la bêta estimait que la 5.0 n'apportait pas assez pour justifier un nouveau numéro de version. Avec cette app, la question ne se pose plus.
Il y a de vraies limites, surtout côté bibliothèque, et elles comptent davantage que ne le laisse croire la fiche technique. Nous avons épluché la documentation de Serato et les meilleurs tests publiés la semaine du lancement pour les repérer.
Serato sur iOS avant ça : Pyro, et presque rien d'autre
Serato avait déjà mis un pied sur l'iPhone, mais jamais avec un vrai outil de DJ. Son app mobile précédente s'appelait Serato Pyro, sortie d'abord en Nouvelle-Zélande puis dans le monde entier en février 2016. Pyro visait clairement les gens qui ne sont pas DJ. Vous lui donniez une playlist de votre bibliothèque iPhone ou de votre compte Spotify Premium, et elle réordonnait les morceaux et les enchaînait automatiquement, en ajustant le tempo pour lisser les transitions. Elle proposait un mode aléatoire Mix Up, un moteur de recommandation qui prenait le relais quand la playlist était finie, et même une app Apple Watch.
Ce qu'elle n'a jamais eu, ce sont des platines. Pas de points de cue, pas d'EQ, pas de pads, rien de ce qu'un DJ touche vraiment. À l'époque, les avis étaient partagés sur la qualité du mix automatique. Serato a arrêté le support de Pyro le 7 mai 2020 et l'a retirée de l'App Store, puis Spotify a coupé son intégration avec les apps DJ tierces quelques semaines plus tard, le 1er juillet 2020. Même les copies déjà installées ont donc perdu leur principale source de musique.
Le seul autre produit Serato sur iOS était Serato Remote, une app iPad qui pilotait le logiciel sur ordinateur sans le remplacer. Pendant presque dix ans, pour mixer sérieusement sur iPhone ou iPad, il fallait donc passer par djay d'Algoriddim ou par l'app rekordbox de Pioneer DJ. Serato DJ pour iOS est la réponse de Serato à ces deux apps, et le contraste avec Pyro ne pourrait pas être plus net. Pyro cherchait à retirer le DJ de l'équation. Cette app, c'est le logiciel du DJ lui-même.
Ce qui change vraiment
- Une nouvelle app baptisée tout simplement Serato DJ, pour iPhone et iPad, sous iOS ou iPadOS 18.6 et versions ultérieures. Pas de version Android.
- Presque toutes les fonctions de Serato DJ Pro dans la version payante : stems avec Stems FX, huit hot cues, cue loops, sampler, slicer, beat jump, pitch play, key sync et key shift, enregistrement et DVS.
- Prise en charge plug-and-play de plus de 120 contrôleurs, tables de mixage et configurations platines de chez AlphaTheta, Pioneer DJ, Rane, Numark, Hercules, Roland, Denon DJ, Reloop et d'autres.
- iOS Transfer, un nouveau panneau dans Serato DJ Pro et Lite 5.0 sur ordinateur, qui envoie vos crates vers votre téléphone ou votre tablette en Wi-Fi, par AirDrop ou par câble, avec points de cue, boucles et beatgrids intacts.
- Le streaming depuis Apple Music, Beatport, SoundCloud, Spotify et TIDAL.
- Une version gratuite qui fonctionne seule ou avec les contrôleurs d'entrée de gamme, une licence à 149 dollars payée une fois, et l'inclusion dans Serato DJ Suite à 14,99 dollars par mois.
Transférer sa musique, le meilleur de l'app
Toute app DJ mobile se joue sur cette question, et c'est celle à laquelle Serato répond le mieux. Ouvrez Serato DJ Pro ou Lite 5.0 sur votre ordinateur : une nouvelle section iOS Transfer apparaît dans la barre latérale. Sur le téléphone, touchez "Transfer and Files" puis "Transfer", et l'appareil s'affiche sur l'ordinateur. Il ne reste qu'à y glisser une crate ou quelques morceaux, ou à faire un clic droit sur une crate et choisir "Transfer to iPhone" (transférer vers l'iPhone). Acceptez sur le téléphone et les fichiers arrivent avec leurs points de cue, leurs boucles enregistrées, leurs beatgrids et leurs infos.
Le transfert passe par le Wi-Fi quand les deux appareils sont sur le même réseau, par AirDrop, ou par un câble USB, qui reste le plus rapide. Cleveland Terry a envoyé une crate de sept morceaux sans fil en une minute environ. Crossfader a transféré une crate de 92 fichiers de la même façon. Beatport Tech, qui se plaint depuis des années de la galère pour charger sa musique dans djay, avoue ne pas comprendre qu'Algoriddim n'ait jamais rien construit de comparable.
Quelques points à connaître avant de compter dessus :
- Ça ne marche que dans un sens. Les points de cue ou les corrections de beatgrid faits sur le téléphone restent sur le téléphone. Impossible de les renvoyer vers l'ordinateur, et pas de synchro cloud.
- Les smart crates ne sont pas transférées, et si une crate mélange morceaux en streaming et fichiers locaux, seuls les fichiers locaux passent.
- Chaque transfert atterrit dans un nouveau dossier daté sur le téléphone, prévoyez donc un peu de rangement.
- Serato enregistre les cues et les grilles dans les fichiers audio eux-mêmes. Si vous venez de modifier un morceau sur l'ordinateur, le changement risque de ne pas suivre tant que Serato ne l'a pas écrit dans le fichier. Cleveland Terry a réglé le problème en fermant puis en rouvrant Serato sur l'ordinateur.
Vous n'êtes pas non plus lié à un ordinateur. L'option Files importe des morceaux ou des dossiers entiers depuis iCloud Drive, Dropbox, Google Drive ou une clé USB branchée sur le téléphone, et comme les données Serato sont stockées dans les fichiers, tout morceau déjà préparé dans Serato garde ses cues. Vos crates présentes sur cette clé, en revanche, ne suivent pas. Et si vous partez de zéro, l'app est livrée avec une petite bibliothèque de musique gratuite pour mixer tout de suite.
Mixer sur l'écran tactile
Sur le téléphone ou la tablette seuls, n'importe quel utilisateur de Serato retrouvera ses repères : platines virtuelles de chaque côté, formes d'onde en haut, crossfader au milieu, transport et pads en dessous et bibliothèque en bas. Sur iPhone, vous pouvez jouer en portrait ou en paysage, et basculer entre les formes d'onde horizontales, verticales et étendues. Beatport Tech a fini par utiliser une vue différente sur iPhone et sur iPad, parce que les formats d'écran ne se prêtent pas aux mêmes dispositions.
Certains détails montrent un vrai travail de conception. Un appui long sur le bouton d'auto loop permet d'en changer la longueur. Le vumètre est intégré au fader de volume. Touchez juste au-dessus et le même espace devient votre pitch, avec des plages de 8 à 50 % et un bouton key lock à côté. Le panneau EQ, avec des EQ à coupure totale et un filtre de voie qui peut basculer en dub echo, reverb ou noise, reste ouvert pendant que vous faites autre chose, tout comme le panneau d'effets, qui offre trois effets cumulables par platine. Un double appui sur presque n'importe quel potard ou fader le remet à zéro, ce qui sur un écran tactile sauve la vie.
Les modes de pads sont ceux que vous connaissez sur ordinateur : hot cues renommables et recolorables, stems, sampler, auto loop, loop roll, beat jump, pad effects, slicer, slice loop et boucles enregistrées. En mode stems, vous avez les quatre pistes (voix, mélodie, basse et batterie), plus des pads d'echo-out pour la voix, l'instru et la batterie, et un instrumental breaker.
Les cue loops, nouveauté de la 5.0, sont aussi de la partie. Activez-les dans les préférences DJ, posez une boucle, enregistrez-la sur un hot cue, et ce pad saute au point et boucle d'une seule pression. La version gratuite en donne quatre, la version payante huit.
Les testeurs ont relevé quelques manques côté tactile. Impossible de poser manuellement les points d'entrée et de sortie d'une boucle, seules les auto loops sont disponibles. Les boutons acapella et instrumental instantanés coupent net, sans écho, ce que Beatport Tech aimerait voir changer. Aucun bouton ne coupe tous les effets d'un coup. Et seule la synchro simple est proposée : elle cale les tempos mais vous laisse gérer la phase. Sur ordinateur, vous pouvez choisir la smart sync, qui garde les grilles verrouillées ensemble, et c'est exactement ce qu'on veut quand on mixe avec les pouces.
Crossfader a donné au téléphone seul la note de 7 sur 10 : tout à fait utilisable, mais djay reste un poil plus confortable quand on tient l'appareil en main.
Branchez un contrôleur et tout change
C'est là que l'app prend tout son sens. Branchez un contrôleur compatible : Serato le détecte et passe en mode matériel, sans mapping ni configuration. Si votre iPhone ou iPad a un port USB-C, c'est-à-dire l'iPhone 15 et plus récent et la plupart des iPad récents, le contrôleur se branche directement. Les anciens appareils Lightning ont besoin de l'adaptateur Apple Lightning vers USB 3 pour appareil photo, et les guides de configuration de Serato valent la peine d'être lus avant d'acheter quoi que ce soit.
Tous les testeurs ont essayé le Pioneer DJ DDJ-FLX4, le contrôleur débutant le plus populaire du marché, et le mapping est parfait. Jog wheels, EQ, filtres, boucles et hot cues répondent tous, tout comme les fonctions propres à ce contrôleur, Smart Fader et Smart CFX. Le potard browse fait défiler la bibliothèque. En version gratuite, le FLX4 se comporte comme avec Serato DJ Lite sur ordinateur : la rangée inférieure de hot cues et certains modes de pads vous affichent "Upgrade" en clignotant. Crossfader a donné 9 sur 10 à cette configuration.
Le FLX4 a un autre atout qui compte beaucoup ici : un second port USB-C qui fait passer l'alimentation jusqu'au téléphone. Digital DJ Tips le résume bien. Un téléphone, un FLX4, un câble d'alimentation, des enceintes et un casque, aucun ordinateur à aucun moment, et vous avez un système DJ complet. La plupart des contrôleurs ne font pas passer l'alimentation, et le Reloop Flux est l'un des rares autres à le faire. Si le vôtre est alimenté par USB et pas branché sur le secteur, il videra la batterie de votre téléphone. Pour un long set, prévoyez un hub ou un dock alimenté.
Plus haut dans la gamme, c'est encore mieux. Sur un Rane System One, l'app pilote les écrans de la machine, stems compris. DJ Shubaka, qui l'a testée sur la chaîne Devenir un bon DJ, a constaté que les boutons d'effets du FLX4 fonctionnaient mais que l'effet choisi ne s'affichait pas toujours sur l'écran du téléphone, et Crossfader a remarqué la même chose. Un petit agacement, pas une raison de s'en passer.
Le DVS avec platines fonctionne vraiment
Serato vient du monde des platines vinyle, et le DVS est là dès le lancement dans la version payante. Branchez l'iPad sur une table de mixage compatible Serato, activez le DVS dans les réglages avancés, vérifiez les scopes de calibration, et vous avez les modes absolu et relatif, l'anti-drift, le réglage des boucles au vinyle, le needle drop en mode relatif et le sticker lock. Pour un utilisateur DVS existant, Crossfader a jugé le passage de l'ordinateur à iOS "sans faille et transparent", avec une note de 9 sur 10. A-Trak fait exactement ça dans le film de lancement de Serato.
Ce qui ne fonctionne pas avec
La liste du matériel est longue, mais plus courte que sur ordinateur. Serato DJ Pro prend en charge plus de 150 appareils, l'app iOS en couvre environ 120. La raison : iOS ne communique avec le matériel qu'à travers les frameworks Core Audio et Core MIDI d'Apple, donc un contrôleur qui n'est pas class compliant ne fonctionnera pas, et aucune mise à jour n'y changera rien. Quelques précisions tirées des tests :
- Les CDJ en mode HID ne sont pas pris en charge, et Serato l'indique sur son propre site. Si vous jouez sur des platines de club, il vous faudra le DVS avec vinyles de contrôle ou CD timecode.
- Les connexions Bluetooth aux contrôleurs ne sont pas prises en charge.
- Certains appareils fonctionnent, mais pas leurs écrans. C'est ce qu'a constaté Beatport Tech avec la DJM-S11 et le DDJ-REV7.
- Les modèles plus anciens comme le DDJ-1000 et le Rane Performer ne sont pas class compliant, donc exclus, selon Cleveland Terry. Le DDJ-FLX10, lui, fonctionne.
- Seul le matériel certifié Serato fonctionne. Algoriddim vous laisse brancher n'importe quelle interface audio class compliant. Serato non, et c'est la même politique que sur ordinateur.
- Pas de remapping MIDI. S'il manque quelque chose au mapping d'origine d'un contrôleur, le Silent Cue par exemple, impossible de l'ajouter.
Serato prévient aussi que les appels et les notifications peuvent interrompre votre set, comme avec n'importe quelle app audio sur téléphone. Mettez le téléphone dans un mode Focus qui ne laisse rien passer avant de jouer. Le mode Avion marche aussi, mais il coupe le streaming.
La bibliothèque, point faible de l'app
Les trois tests en anglais arrivent à la même critique. La bibliothèque de l'app est étonnamment basique, et pour les DJ qui organisent soigneusement leur musique, c'est de loin la plus grosse limite.
- Pas de colonne genre, donc impossible d'afficher ou de trier par genre.
- Pas de colonne de notes, ce qui est curieux puisque les notes faisaient partie des grandes nouveautés de Serato DJ 4.0.
- Pas de smart crates. Vous ne pouvez ni en créer sur le téléphone ni en transférer depuis l'ordinateur.
- Un seul service de streaming affiché à la fois, alors que Serato DJ 5.0 sur ordinateur permet d'en utiliser plusieurs en même temps.
Ce qui est là fonctionne correctement. Vous pouvez créer des crates et les ranger dans des dossiers par glisser-déposer, trier par BPM et tonalité, chercher dans la crate en cours, dans toute votre bibliothèque ou dans le service de streaming, analyser les morceaux et les copier d'une crate à l'autre. Il y a même un réglage de taille du texte, que Cleveland Terry a joyeusement surnommé le mode papy.
Le conseil de DJ Shubaka est le plus pratique. Puisqu'on ne peut pas naviguer par genre, construisez vos crates par style, par événement et par type de soirée sur l'ordinateur avant de les transférer, et le téléphone devient beaucoup plus simple à fouiller.
Le streaming, et ses deux pièges
Apple Music, Beatport, SoundCloud, Spotify et TIDAL sont tous intégrés à la bibliothèque. Si vous utilisez le streaming, deux choses changent. L'enregistrement est indisponible quand vous jouez des morceaux en streaming, et les stems dépendent du service. Le formateur DJ britannique qui a publié l'un des guides de réglages de la semaine du lancement s'en tient à TIDAL et Beatport précisément pour ça, puisqu'ils autorisent les stems sur les morceaux en streaming.
Diffuser du streaming dans un bar ou lors d'un événement payant est une autre question que de savoir si l'app en est capable. Nous avons traité l'aspect licences dans est-il légal de passer Spotify dans votre bar.
Les réglages à changer dès le premier jour
Les réglages reprennent de près ceux de la version ordinateur. Le menu rapide en haut regroupe l'enregistrement, l'autoplay, la quantisation, l'édition de beatgrid, le mode d'affichage et le zoom des formes d'onde. Tout le reste se trouve dans "Advanced Settings" (réglages avancés). Voici ceux à vérifier en premier :
- "Replace Pad Mode with Stems". Sur un FLX4, cette option remplace le mode sampler par les stems sur les pads, et c'est la première chose qu'un champion DMC a activée.
- "Show Beat Jump Controls". Utile avec un contrôleur. En tactile seul, Beatport Tech a préféré le désactiver pour garder huit pads de boucle, puisqu'il existe de toute façon un mode beat jump dédié.
- "Analyse Stems". Laissez-le activé sur un appareil récent pour que les stems soient prêts dès le chargement d'un morceau. Désactivez-le sur un iPhone plus ancien.
- "Maintain Sync on Track Load", "Play From First Cue Point" et "Turn Off FX on load" vous évitent tous de petites erreurs en plein set.
- Beatgrid réglé sur "Flexible", avec changements de BPM sur les temps, pour profiter des nouveaux Lucid Beatgrids. Flexible est déjà la valeur par défaut pour les nouveaux imports.
- La latence audio est réglée par défaut à 10 millisecondes. Vous pouvez descendre jusqu'à 1 milliseconde sur un appareil puissant, mais un DJ scratch qui a testé les deux a eu du mal à faire la différence.
- "Output to iOS Device Speakers", si vous voulez entendre le mix sur le haut-parleur du téléphone.
- "Use Auto Gain", qui reste activé à 92 dB, la valeur recommandée. L'interface n'a pas de potard de gain manuel, un ajout que Beatport Tech réclame.
On trouve aussi, dans la version payante, un Day Mode clair pour jouer en extérieur en plein soleil, la notation des tonalités en Camelot, Open Key ou classique, des formes d'onde colorées selon l'EQ, et des réglages de courbe du crossfader et des faders de voie pour le matériel qui n'a pas ses propres réglages de courbe.
Serato DJ 5.0 sur ordinateur
L'app iOS est arrivée avec une grosse mise à jour de la version ordinateur, et il vaut la peine de savoir ce qui a changé de ce côté, puisque les deux fonctionnent désormais en tandem.
- Lucid Beatgrids est un moteur d'analyse entièrement refait qui détecte seul les changements de tempo et les premiers temps. Les vieux morceaux funk, rock, disco et joués avec un batteur live, dont le tempo dérive, ont maintenant une grille qui les suit. Il existe un mode Flexible et un mode Fixed, et les morceaux existants doivent être réanalysés pour en profiter.
- Open Streaming permet de rester connecté à plusieurs services de streaming à la fois, chacun affiché comme sa propre crate, et de mixer entre eux et vos propres fichiers. Le BPM et la tonalité s'affichent pour les morceaux en streaming avant analyse sur Beatport, SoundCloud, TIDAL et Spotify.
- Les Cue Loops enregistrent une boucle sur un hot cue, pour sauter au point et boucler d'une seule pression. Sur ordinateur, c'est une fonction de Serato DJ Pro.
- iOS Transfer fait le pont avec la nouvelle app, dans Pro comme dans Lite.
Lucid Beatgrids et Open Streaming arrivent dans Pro comme dans Lite. La bêta publique de la 5.0 a ouvert en septembre, et la version finale est sortie en même temps que l'app iOS.
Combien ça coûte
Il y a trois façons d'y accéder :
- Gratuit. Quatre hot cues, quatre emplacements de sampler, quatre cue loops et quatre pad effects, stems et effets de base, sync, analyse de tonalité, Pitch 'n Time, formes d'onde horizontales et iOS Transfer, plus la prise en charge des contrôleurs d'entrée de gamme. En gros, Serato DJ Lite sur un téléphone.
- 149 dollars, une seule fois, en achat intégré. Tout est débloqué sur iPhone et iPad : huit pads dans chaque mode, stems avancés avec Stems FX, la liste complète des effets, l'enregistrement, le DVS, le Day Mode, toutes les vues de formes d'onde, les modes de pads avancés, la quantisation, le slip mode, le beat jump et le pitch play, et tous les contrôleurs compatibles. Un essai gratuit de sept jours des fonctions payantes est proposé.
- Serato DJ Suite à 14,99 dollars par mois, ou 499 dollars en achat définitif. L'abonnement comprend l'app iOS ainsi que Serato DJ Pro, toutes les extensions DJ Pro et Serato Studio. Si vous avez déjà Suite, il suffit de vous connecter sur le téléphone.
Les prix sont hors taxes. DJ Shubaka, qui achète en France, a vu la licence à 149 dollars passer à 178,80 avec la TVA, et l'abonnement Suite à environ 18 dollars par mois.
Deux points méritent d'être signalés. Une licence Serato DJ Pro seule, à 11,99 dollars par mois ou 299 dollars, n'inclut pas l'app iOS. Seule Suite l'inclut. Et Digital DJ Tips pense que le matériel qui débloque Serato DJ Pro sur ordinateur ne débloque pas non plus l'app iOS complète, tout en précisant ne pas l'avoir entièrement vérifié.
Les testeurs ne sont pas d'accord sur le prix. Digital DJ Tips doute que beaucoup de gens paient 149 dollars d'un coup, et un avis publié sur l'App Store le jour du lancement demandait qui paierait 150 dollars pour mixer sur son téléphone. Cleveland Terry y voit une bonne affaire, puisque personne d'autre ne propose d'achat unique. djay Pro d'Algoriddim fonctionne uniquement par abonnement, et Beatport Tech reconnaît qu'une option à payer une fois fera plaisir à beaucoup de DJ.
Face à la concurrence
Face à djay Pro d'Algoriddim
djay a eu des années pour peaufiner son app iOS, et ça se voit. Elle est plus personnalisable, offre plus de réglages, sait créer des smart playlists, synchronise les points de cue entre appareils via iCloud et fonctionne avec n'importe quel périphérique audio class compliant. Crossfader l'a trouvée un peu plus confortable avec les doigts seuls. Serato l'emporte sur deux points : le prix en achat unique, et le passage de votre bibliothèque préparée de l'ordinateur au téléphone, qui avec djay demande encore d'exporter un disque OneLibrary puis de le réimporter. Si vous préparez déjà dans Serato, ce transfert est la raison de le choisir.
Face à rekordbox pour iOS
Pour Digital DJ Tips, rekordbox est celui qui se rapproche le plus d'une solution au vrai problème, parce qu'il propose une vraie bibliothèque cloud pour votre propre musique et des apps pour préparer et jouer sur ordinateur comme sur téléphone. C'est aussi le plus frustrant des trois à utiliser, et il peut impliquer deux abonnements. Pour les utilisateurs de rekordbox, l'écosystème reste cohérent. Pour les utilisateurs de Serato, il n'y a plus aucune raison de changer de camp.
Face à un ordinateur portable
C'est la comparaison qui compte le plus, et l'ordinateur reste gagnant pour le travail sérieux. L'écran d'un téléphone est petit, il faut prévoir de quoi le recharger, vous n'avez plus votre téléphone pendant que vous jouez, et la bibliothèque n'a rien de la profondeur de la version ordinateur. Serato lui-même présente l'app comme un complément à l'ordinateur plutôt qu'un remplaçant. Digital DJ Tips le dit sans détour : tant qu'il n'existera pas de bibliothèque fiable pensée pour le cloud et qui vous suit d'un appareil à l'autre, mixer sur téléphone restera une option secondaire. Son conseil aux débutants reste d'apprendre sur ordinateur et d'y construire sa bibliothèque.
Face à Serato Pyro
Il n'y a pas vraiment de match, parce qu'elles n'ont jamais cherché à faire le même travail. Pyro mixait à votre place. Serato DJ pour iOS attend de vous que vous mixiez. L'autoplay peut dérouler une crate pendant un cocktail ou une cérémonie, ce que Cleveland Terry suggère pour les mariages, mais il enchaîne les morceaux l'un après l'autre au lieu de les mélanger comme Pyro essayait de le faire.
Les points forts
- On se sent dans Serato. Les réflexes et les réglages se retrouvent, et les utilisateurs actuels seront à l'aise en quelques minutes.
- iOS Transfer est aujourd'hui la façon la plus propre, toutes apps DJ confondues, de faire passer une bibliothèque préparée de l'ordinateur au téléphone, avec cues, boucles et grilles intactes.
- Plus de 120 contrôleurs et tables de mixage fonctionnent dès le premier jour, jusqu'aux fonctions spécifiques comme le Smart Fader du FLX4 et les écrans du System One.
- Le DVS complet avec platines dès le lancement, avec toutes les options vinyle avancées.
- Les stems en temps réel sur le téléphone, plus les cue loops et les Lucid Beatgrids de la 5.0.
- Une version gratuite vraiment utilisable, une licence à 149 dollars en achat unique pour ceux qui détestent les abonnements, et un accès gratuit pour les abonnés Suite.
- Un setup de secours dans la poche. Envoyez vos quatre ou cinq crates les plus jouées et, comme le souligne Cleveland Terry, elles tiendront sans doute dans 20 ou 30 Go.
Les bémols
- iOS uniquement. Pas d'Android, et Serato ne s'est pas engagé à en faire une version.
- La bibliothèque est maigre : pas de genre, pas de notes, pas de smart crates, et un seul service de streaming à la fois.
- Le transfert est à sens unique, sans synchro cloud et sans moyen de renvoyer vers l'ordinateur les modifications faites sur le téléphone.
- Pas de mode HID pour les CDJ, pas de contrôleurs Bluetooth, pas de remapping MIDI, et uniquement du matériel certifié Serato.
- Synchro simple seulement, pas de smart sync. Pas de boucle manuelle en tactile. Pas de gain manuel.
- L'enregistrement est désactivé en streaming, et les stems sur les morceaux en streaming dépendent du service.
- L'alimentation et le routage audio demandent un peu d'organisation sur un téléphone, surtout avec les contrôleurs qui ne le rechargent pas.
- Une licence Serato DJ Pro seule ne débloque pas l'app complète. Il faut Suite ou l'achat à 149 dollars.
Pour qui
D'abord pour les abonnés et propriétaires de Serato Suite, puisque ça ne leur coûte rien. Installez-la sur votre téléphone, envoyez les crates que vous jouez chaque week-end, et vous avez une solution de secours si l'ordinateur lâche en pleine soirée, plus un moyen de jouer la musique d'une cérémonie ou d'un cocktail sans sortir tout le matériel.
Les débutants équipés d'un FLX4 forment le deuxième groupe, et sans doute le plus intéressant. Un téléphone et l'un des contrôleurs les plus populaires jamais fabriqués, c'est un setup DJ complet, bon marché et performant, sans le moindre ordinateur. Comme le dit DJ Shubaka, presque tout le monde a déjà un téléphone, et la barrière pour se lancer a rarement été aussi basse.
Les turntablists qui veulent alléger leur sac seront contents aussi, puisque le DVS fonctionne correctement sur iPad. Et ceux qui veulent simplement s'amuser peuvent la télécharger, se connecter à un service de streaming et jouer gratuitement, même sur une enceinte Bluetooth s'ils se moquent de pré-écouter au casque.
Elle ne convient pas à ceux qui doivent construire et gérer une grosse collection en déplacement, à ceux qui jouent sur des CDJ en mode HID, ni à ceux qui espèrent se passer complètement de l'ordinateur. Pas encore, en tout cas.
En bref
- App : Serato DJ, par Serato Limited, pour iPhone et iPad. Sortie le 20 octobre 2026 en version 5.0.
- Configuration requise : iOS ou iPadOS 18.6 ou ultérieur. USB-C en direct, Lightning via l'adaptateur pour appareil photo d'Apple. Environ 714 Mo.
- Prix : gratuit avec achats intégrés. Licence complète à 149 dollars en une fois. Incluse dans Serato DJ Suite à 14,99 dollars par mois ou 499 dollars. Essai de sept jours des fonctions payantes.
- Matériel : plus de 120 contrôleurs, tables de mixage et configurations DVS. Pas de mode HID pour les CDJ, pas de contrôleurs Bluetooth, pas de mapping MIDI personnalisé.
- Streaming : Apple Music, Beatport, SoundCloud, Spotify, TIDAL. Un service à la fois.
- Import de musique : iOS Transfer depuis Serato DJ Pro ou Lite 5.0 en Wi-Fi, par AirDrop ou par câble, plus l'app Files et les clés USB.
- Version gratuite : quatre cues, quatre samples, quatre cue loops, quatre pad effects, stems et effets de base, formes d'onde horizontales.
- Version payante : huit de chaque, Stems FX, effets complets, enregistrement, DVS, Day Mode, toutes les vues de formes d'onde, modes de pads avancés.
- Version ordinateur associée : Serato DJ Pro et Lite 5.0, avec Lucid Beatgrids, Open Streaming, Cue Loops et iOS Transfer.
Les vidéos officielles de Serato
Questions fréquentes
Serato DJ pour iOS est-il gratuit ?
L'app se télécharge gratuitement et la version gratuite est entièrement utilisable, à peu près au niveau de Serato DJ Lite, avec quatre hot cues, stems et effets de base, et la prise en charge des contrôleurs d'entrée de gamme. La version complète coûte 149 dollars en une seule fois, ou est incluse dans un abonnement ou une licence Serato DJ Suite.
Serato DJ Pro inclut-il l'app iOS ?
Pas à lui seul. L'app iOS fait partie de Serato DJ Suite, à 14,99 dollars par mois ou 499 dollars, qui comprend aussi Serato DJ Pro, les extensions et Serato Studio. Une licence Serato DJ Pro seule ne la débloque pas.
Serato DJ est-il disponible sur Android ?
Non. L'app est réservée à l'iPhone et à l'iPad. Serato n'a pas exclu une version Android, mais ne s'y est pas engagé non plus.
Sur quels iPhone et iPad fonctionne-t-elle ?
Sur tout iPhone ou iPad sous iOS ou iPadOS 18.6 ou ultérieur. Les appareils en USB-C, c'est-à-dire l'iPhone 15 et plus récent et la plupart des iPad récents, se branchent directement aux contrôleurs. Les anciens modèles Lightning ont besoin de l'adaptateur Apple Lightning vers USB 3 pour appareil photo.
Comment transférer ma bibliothèque Serato sur mon iPhone ?
Mettez à jour le logiciel sur ordinateur vers Serato DJ Pro ou Lite 5.0, ouvrez le panneau iOS Transfer, touchez "Transfer and Files" puis "Transfer" sur le téléphone, et glissez-y vos crates. Le transfert passe par le Wi-Fi, AirDrop ou l'USB, et les points de cue, boucles et beatgrids suivent les fichiers. Les smart crates et les morceaux en streaming ne sont pas transférés, et les modifications faites sur le téléphone ne sont pas renvoyées vers l'ordinateur.
Le DDJ-FLX4 fonctionne-t-il avec Serato DJ sur iPhone ?
Oui, y compris ses fonctions Smart Fader et Smart CFX, et il fonctionne avec la version gratuite. Il peut aussi recharger votre téléphone par son second port USB-C pendant que vous jouez.
Peut-on utiliser le DVS et des platines avec Serato DJ pour iOS ?
Oui, avec la version payante et une table de mixage ou une interface compatible Serato. Vous avez les modes absolu et relatif, l'anti-drift et le sticker lock. Les CDJ en mode HID ne sont pas pris en charge.
Peut-on utiliser Spotify dans Serato DJ pour iOS ?
Oui. Spotify, Apple Music, Beatport, SoundCloud et TIDAL sont tous pris en charge, mais un seul service peut être actif à la fois sur iOS, et vous ne pouvez pas enregistrer votre mix quand vous jouez des morceaux en streaming.
Qu'est devenu Serato Pyro ?
Pyro était la précédente app iPhone de Serato, lancée en 2016, qui mixait automatiquement vos playlists. Serato en a arrêté le support le 7 mai 2020 et l'a retirée de l'App Store. Serato DJ pour iOS la remplace comme app mobile de Serato, mais c'est un véritable outil de DJ et non un mixeur automatique.
Notre verdict
Serato a porté son logiciel sur téléphone sans en perdre les sensations ni grand-chose de ses capacités, et dès le premier jour l'app prend en charge plus de matériel qu'on ne l'attendrait d'une première version. Beatport Tech parle d'une première version vraiment fantastique. Tous les testeurs s'accordent sur le transfert : c'est le meilleur moyen à ce jour de mettre une bibliothèque préparée sur un iPhone ou un iPad.
C'est la bibliothèque qui la freine. Pas de genre, pas de notes, pas de smart crates, un seul service de streaming à la fois et aucun retour possible vers l'ordinateur. Ce dernier point est un problème pour toute l'industrie, pas seulement pour Serato, mais il en fait un excellent setup secondaire plutôt que votre seul setup. Si vous avez Suite, installez-la aujourd'hui. Si vous débutez avec un FLX4, la version gratuite est une très bonne façon de commencer. Si vous espériez revendre votre ordinateur, attendez les prochaines mises à jour.
Tous les détails et la liste du matériel sont sur la page officielle de Serato DJ pour iOS, et l'app elle-même est sur l'App Store.
Une dernière réflexion. Un setup DJ qui tient dans la poche est fait pour le même monde que les sets à distance et diffusés en streaming, où l'on transporte moins de matériel et où l'on s'installe plus vite. Si c'est là que vous jouez, notre configuration de streaming sans perte mérite le coup d'œil, et le DJing DJ Pool gardera les crates que vous envoyez sur votre téléphone remplies de musique fraîche.